Osez une seconde carrière...
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Les étapes de carrière de Claire Baudemont, devenue coach en autoentreprise.

Cette interview a été réalisée pour le n°113 de la rubrique seconde carrière que nous animons pour notre partenaire, le Café Pédagogique, dont nous vous recommandons la lecture régulière.

Le parcours professionnel de Claire a été d’une grande flexibilité

« J’ai d’abord réalisé une maîtrise d’anglais, et en parallèle, du théâtre et du spectacle vivant à Strasbourg. J’ai orienté ma carrière vers le domaine culturel et l’animation et la communication audiovisuelle.

En 1984, je deviens assistante en Angleterre, en pleine grève de mineurs, pendant 11 mois. C’était une ambiance de guerre civile, les mineurs ont tout perdu, et ce fut pour moi une expérience difficile, avec ces enfants de mineurs en grève, aux avenirs pour le moins incertains.

De retour en France, je deviens chargée de communication aux Karellis à St Jean de Maurienne dans une structure associative axée sur le tourisme social. Je travaillais au sein d’une équipe dynamique avec une vraie politique culturelle de qualité. Je m’occupais de 8h à 9h d’une émission de radio, de réaliser des interviews, et sur le reste du temps d’organiser un spectacle hebdomadaire avec un artiste, ce fut une expérience professionnelle très intéressante.

De retour à Strasbourg en 1987, j’effectue un stage à l’Unité de Réalisation Pédagogique comme assistante de production pour réaliser des films documentaires et pédagogiques pour la Région. Je m’occupais de la préparation logistique et des tournages.

En 1988, je travaille à la Mairie de Colmar au Service des Affaires Culturelles comme contractuelle, sur un poste de rédacteur (catégorie B), pendant 3 ans. Je réalisais la coordination des animations culturelles pour la ville de Colmar. Je me consacre alors à la programmation des animations, à la communication, à la rédaction, la réalisation du magazine municipal d’informations. Au bout de 3 ans, l’atmosphère « plan-plan » de la ville de Colmar, d’une culture classique et patrimoniale et la mauvaise ambiance de travailm’ont conduit à démissionner en 1991.

J’ai alors bénéficié d’une bourse de reprise d’études de la région Alsace.

J’ai réalisé mon mémoire de maîtrise et un DESS de direction de projets culturels à Science Po Grenoble (IUP) en 1994, (stage dans le cadre du festival de théâtre des amériques à Montréal).

Ensuite, j’ai décroché un poste au théâtre du marché aux grains en Alsace.

Souhaitant quitter la précarité ambiante du domaine culturel,je décide alors de tenter le concours du Capes en anglais, que j’obtiens à ma 2e tentative en 1996.

J’ai pour ma part très vite détesté ça. Mon premier poste se situait à Oyonnax en lycée technique et les élèves étaient à remotiver en permanence sur les matières générales. J’enseignais à tous les niveaux (de la 2nd à la 2e année de BTS).

Je n’ai pas eu de problèmes de discipline, mais je me suis rapidement ennuyée, même si j’ai eu plaisir à organiser des projets culturels ou d’échanges linguistiques (Danemark, Canada…).

J'ai alors entamé un travail thérapeutique de soutien.

En 2000, j'obtiens un détachement à Lyon comme chargée de communication à la Région Rhône-Alpes, en devenant attachée à la Direction de l’Enseignement Supérieur. Je pensais alors que j’aurais des responsabilités, mais la fiche de poste était trompeuse : je n’étais qu’une intermédiaire entre deux directions, mon travail consistait seulement à transmettre l’information. Au bout de 12 mois, j’ai donc démissionné par ennui.

Mon expérience de la thérapie puis un accompagnement en coaching après ma démission de la Région Rhône-Alpes m'ont permis de me construire un nouveau projet professionnel plus en adéquation avec mes aspirations actuelles.

J'exerce actuellement en tant que coach individuel et démarre des groupes de développement personnel

Enfin, j’effectue une formation à la Gestalt Thérapie à l’Ecole Parisienne de Gestalt et fin 2010, je pourrais obtenir le titre de Gestalt praticienne pour m’installer comme thérapeute.


En quoi consiste la Gestalt Thérapie ?


Dans cette méthode, le thérapeute est très impliqué dans la relation. On travaille sur le « comment », plus que sur le « pourquoi ». C’est une méthode très engageante, de co-construction, de co-exploration du présent. LE thérapeute accompagne pas à pas la personne là où elle veut aller. La personne « sait » plus ou moins consciemment ce qui est bon pour elle, et reste libre de ses choix à tout moment de la relation thérapeutique. Chacune des séances dure 1h sur une durée globale très variable.


Depuis 2000, quel est votre statut, puisque vous étiez enseignante ?


Depuis 10 ans, je suis en disponibilité, que je renouvelle d’année en année. Au-delà des 6 ans règlementaires, j’ai pu prolonger au titre de la création de mon activité. En disponibilité pour convenances personnelles, on peut pratiquer différentes activités pour gagner sa vie autrement, tout en conservant la possibilité, si ça ne marche pas, de réintégrer pour enseigner de nouveau.


Vous avez créé votre activité en guise de seconde carrière, pouvez-vous nous en dire plus ?

Durant mon stage de formation en coaching, j’ai trouvé ma première cliente et je me suis placée en portage salarial. Cette formule est très facile, il suffit de prendre contact avec une société qui pratique le portage, et on ne paie que lorsque les revenus rentrent. Globalement, avec les charges sociales, c’est 43% de ce que l’on gagne qui est ponctionné. Avec ce système, je gagnais entre un quart et la moitié de mon ancien salaire d’enseignante.

En 2009, j’ai adopté le statut d’auto-entrepreneur en stoppant le portage salarial. Les démarches ont été très simples, tandis que mes charges ont diminué de moitié, avec 20,5% de mon chiffre d’affaires actuellement. Je déclare sur l’honneur à l’URSSAF ce que j’ai gagné, calcule et règle trimestriellement ce que je leur dois, c’est simple.

L’assurance en responsabilité est suffisante, et l’investissement est peu important : j’ai aménagé chez moi une pièce pour recevoir mes clients, et j’ai développé un site gratuit sur le web: http://www.coachingpersonnel-cb.fr/

Cependant il m’a fallu investir dans des plaquettes et des cartes de visite pour réaliser un peu de communication, ça m’a coûté environ 1000 euros. J’en avais diffusé dans des magasins bio, des salles de gym, mais ça n’a rien donné. J’ai eu plus de retours en fréquentant les salons qui concernaient la relaxation, le bien-être.

J’ai aussi adressé à tous les établissements scolaires des affichettes pour proposer des groupes d’élaboration de projet professionnel aux enseignants, en les adressant au CDI, mais ça n’a rien donné non plus.

J’ai diversifié mon activité en développant des ateliers de développement personnel et de créativité (« corps en parole » et « présence au groupe »). Dans le cadre de ma nouvelle activité, je réalise ma communication via mon réseau d’amis, différents organismes, les MJC et centres culturels, etc.

Actuellement, mes revenus atteignent environ 50% du salaire que j’avais comme enseignante, pour environ 30h de travail par semaine, j'ai gardé une matinée de cours à l'IAE de Lyon3 + 2h d’enseignement par semaine dans un organisme de formation.

Quelles sont vos perspectives professionnelles actuelles ?

« Je me sens plus sereine, l’activité démarre.

Avec les ateliers je commence à intéresser des organismes de formation, et je vais pouvoir développer mon activité de thérapeute. »

Que conseilleriez-vous aujourd’hui à une personne qui souhaite enseigner ?


« De faire attention : quand on est jeune et plein d’énergie, les salles des profs constituent des lieux très difficiles, car on est confrontés au quotidien aux profs plus âgés qui se plaignent en permanence de ce qu’ils vivent face à leurs élèves. Les salles des profs sont un véritable déversoir d’un trop plein d’énervement qui ne peut s’exprimer en classe. Certains profs disent d’un air désespéré « plus que 2 heures à tenir…vivement la retraite » et c’est démoralisant pour de jeunes profs d’entendre ça à longueur d’année. Il faut donc s’armer de patience, gérer le moment présent, accepter ce qui se produit dans ses classes, tenir compte aussi de l’ennui et de la fatigue des élèves, prendre en compte les différentes situations, de composer avec la classe, de faire preuve d’humour, d’accepter la colère, l’ennui, l’agressivité aussi, de dédramatiser, de ne pas se braquer, de ne pas faire « comme si de rien n’était ».

Et pour ceux qui souhaitent quitter l’enseignement, que leur conseillez-vous ?


« De sauter le pas avec l’aide d’un professionnel de l’accompagnement au projet, de bien repérer et étudier ce qui leur fait vraiment envie, de prendre leur temps de l’identifier avant de se lancer. S’orienter vers l’une de ses passions, c’est décupler son capital de bonheur, pour ne pas risquer de nouvelles déceptions. Si la reconversion, la seconde carrière est une nouvelle galère, la personne risque de finir en dépression. »


Association Aide aux Profs,
Mouvement associatif de seconde carriere des enseignants

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