Osez une seconde carrière...
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Maxime: 3 années de recherches, 3 années d’efforts ont été nécessaires

Sortir de l’enseignement ne se fait pas du jour au lendemain, c’est un processus long et complexe, surtout quand votre formation ne vous a pas vraiment préparé à la recherche d’emploi.

Quitter l’enseignement, j’y pensais… dès que j’y suis entré, dès l’obtention du CAPES d’éducation musicale. Disons qu’il était évident que je ne ferai pas ce métier toute une carrière. Surtout je sentais ma volonté et mon dynamisme s’émousser des dernières années, bref, il me fallait du changement, avant qu’il ne soit trop tard.

Le « déclic » a été une série d’échecs à l’agrégation
(à une place près de l’admission parfois…), un chef d’établissement particulièrement incompétent en matière de gestion du personnel et une mesure de carte scolaire qui me pendait au nez (réduction des effectifs du lycée ou je travaillais, donc moins de classes, donc suppression à terme du poste). Ce poste, justement, dans un prestigieux établissement parisien, je pensais l’avoir mérité après plusieurs années en ZEP / zone sensible / PEP IV etc. De temps complet, je suis descendu progressivement à un 2/3 temps fixe et le reste, remplaçant pour de faux, TZR sans le titre, là ou l’administration voulait bien me mettre. Bref, un pion sur un échiquier. Finalement cette position peu favorable, à enseigner là où je n’étais pas préparé (en classes de non-francophones par exemple) m’a à terme servi pour le poste que je viens d’obtenir.

Fin 2006, à force de recherches sur Internet, j’ai fini par trouver Aide aux Profs, qui m’a apporté tout ce que je ne savais pas faire : rédiger un CV, rédiger une lettre de motivation, trouver les sites ressources en matière d’emploi, … et surtout mettre en valeur mes capacités et développer un réseau. Depuis longtemps j’ai développé plusieurs activités, dont le journalisme culturel, en dehors de mon service d’enseignant. Avec l’appui d’Aide aux Profs, j’ai su valoriser cette expérience pour mes demandes d’emploi.

Avec une formation de musicien, musicologue et historien de l’art, je visais un marché très ciblé et donc très fermé. Le secteur culturel – et particulièrement la musique classique - en mauvaise passe en ce moment, recrute peu. C’est un milieu replié sur lui-même, très « consanguin », qu’il me fallait donc pénétrer.

Les premières candidatures courant 2007 ont été acceptées : bien visées, elles correspondaient à mon profil. Je n’ai rien obtenu, mais j’avais été sélectionné sur deux postes jusqu’à la fin du processus, quand il faut choisir entre deux ou trois candidats. Ne serait-ce que savoir ça m’a valorisé, je savais que si je restais encore enseignant, ça n’allait pas durer, j’allais trouver, de suite ou plus tard, mais j’allais trouver et réussir. Il m’a fallu finalement trois ans. Une durée qui s’explique par la rareté des métiers ciblés, dans le conseil et l’expertise artistique en musique.

Durant ces trois années, il y a eu des moments d’abattement, de découragement, d’avoir des entretiens sans le poste derrière, voire d’avoir des refus après l’envoi de la candidature. Avec parfois des commentaires stupéfiants : « vous faites un métier formidable, pourquoi le quitter ? J’admire les enseignants, je ne serai pas capable d’être à votre place », « ici, c’est un poste à 35 heures, rien à voir avec les 18 heures et les 16 semaines de congés, il faut quelqu’un qui sache travailler » (propos tenu par un haut-fonctionnaire du Ministère), la perle revenant au services Ressources humaines du Rectorat : « mais pourtant, là où vous êtes, vos élèves doivent être gentils ».

Allez faire comprendre que votre place, vous ne la voulez plus, que vos 16 semaines de vacances, vous vous en moquez, et que vos élèves, gentils ou pas, influencent peu le choix de NE PAS FAIRE 37.5, puis 40, puis 41, puis 42 années le même métier. Que les programmes changent, que vous renouveliez le contenu de vos cours, rien n’y fait : l’acte d’enseignement reste le même.

Quitter l’enseignement, c’est long, c’est difficile, c’est vécu comme une utopie auprès de vos collègues (« mais pour faire quoi ? », réponse : « ben, autre chose »), vous ne pouvez compter QUE sur vous-même, surtout pas sur votre hiérarchie (inspecteurs, chefs d’établissement) et encore moins sur le Rectorat.

Aide aux Profs semble être la seule organisation qui se préoccupe des enseignants en désir de mobilité professionnelle, j’ai pu y trouver les renseignements et les conseils nécessaires pour mon projet professionnel. En y passant du temps (beaucoup), en épluchant les annonces, en développant des contacts, j’ai fini par obtenir un poste clé en détachement en rapport avec mes aspirations. J’ai enseigné 12 ans, une période assez longue pour faire le tour du métier et assez courte pour ne pas avoir été épuisé par ce métier.


Association Aide aux Profs,
Mouvement associatif de seconde carriere des enseignants

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