Est-ce le début de la fin de toutes les secondes carrières des enseignants ?
Le Ministère de l'Education Nationale engage de profondes transformations qui, à court et moyen terme, vont avoir pour conséquence principale de supprimer la majorité des secondes carrières temporaires que pouvaient réaliser les enseignants.
Aide aux Profs déplore que, d'un côté, la loi 2003 ait inscrit dans son article 77 l'établissement d'une "seconde carrière", tandis que le Ministère de l'Education nationale les supprime toutes progressivement, d'année en année, depuis 2005.
Que restera-t-il comme issue aux enseignants qui voudront réaliser une mobilité temporaire ? Comment les futurs enseignants vont-ils ressentir ce métier dont les seules issues ne seront bientôt plus que les métiers de chef d'établissement et d'inspecteur ? Sont-ils tous enthousiastes pour assumer ces lourdes responsabilités ?
Voilà le détail des économies en cours, nous allons à l'opposé des "secondes carrières":
- la suppression de l'Institut National de la Recherche Pédagogique (INRP) est à l'étude: http://blog.educpros.fr/pierredubois/2010/07/02/lagonie-de-linrp/
- la diminution des antennes du réseau des CRDP et CDDP est elle aussi envisagée dans les années à venir.
- Les Cahiers Pédagogiques (CRAP) sont menacés par la baisse de la moitié de leur subvention: http://www.educpros.fr/detail-article/h/d5444f673c/a/le-crap-cahiers-pedagogiques-menace-par-une-baisse-de-moitie-de-sa-subvention.html
- Les personnels du Centre National d'Enseignement à Distance (CNED) s'inquiètent des effets immédiats de la restructuration en cours : http://personnelcned.blogspot.com/
- l'AEF indique cette semaine que l'AEFE s'inquiète de la diminution du nombre d'enseignants détachés sur les postes à l'étranger.
Après avoir presque supprimé tous les emplois en Mise à Disposition, le MEN s'emploie à faire disparaître de son ministère les emplois en détachement, alors que ces derniers constituent un droit dans le cadre de la Loi sur les parcours de mobilité interministériels du 3 août 2009.
Les décharges d'enseignement sont elles aussi vouées dans un proche avenir à diminution.
Relisez le rapport n°2215 de l'assemblée nationale, paru en 2005: toutes les suppressions d'emplois y ont été indiquées, programmées, pour économiser au final 1,5 milliard d'euros, soit la moitié du prix d'un porte-avions.
Diminuer les moyens de toutes les structures qui enrichissaient pédagogiquement l'Education nationale, est-ce favoriser la réussite de nos enfants et créer l'égalité des chances ?
Et quand le MEN supprimera les postes occupés par les enseignants dans les rectorats et à l'administration centrale, comment fonctionneront ces structures ? Vers quoi allons-nous ?
Ah oui, n'oublions pas la cerise sur le gâteau:le gel total des salaires des fonctionnaires en 2011...tandis que le bouclier fiscal, lui, est maintenu...
Association Aide aux Profs, Mouvement associatif de seconde carriere des enseignants
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